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« Promouvoir la connaissance et la diffusion d'oeuvres par tous supports d'échanges et d'actions culturelles d'artistes en filiation avec la pensée et l'oeuvre de Clovis Trouille. »


Alors que Clovis TROUILLE aborde les rivages de la consécration du grand public, notre association veut favoriser la promotion d'artistes qui se prévalent joyeusement et farouchement des idéaux 'trouilliens'. Ils nous restituent Clovis TROUILLE tels qu'ils le ressentent, le vivent, et nous racontent ce qu'il en est aujourd'hui de cet engagement, du respect de l'irrespect, de la singularité du quotidien, de l'anarchisme chevaleresque, et de l'intempestivité éternelle.

  Découvrez les 33 artistes en cliquant dans la liste à gauche


RAISON d'ART et RAISON d'ETRE.
Explosition autour de Clovis Trouille (1889-1975)

Clovis Trouille toute sa vie a voulu faire triompher dans ses tableaux la liberté de penser, de rêver et de jouir sans contrainte. Son oeuvre insolente et subversive ne cessera de brocarder
"le sabre et le goupillon" en lui opposant un univers inimitable dont les armes sont le désir, la mort et surtout l'érotisme. Clovis Trouille n'était pas un homme de compromis et son art intempestif, profondément onirique demeure un exemple de lucidité et d'exigence.

Farouchement indépendant, il sera fidèle à ce principe toute sa vie, se mettant ainsi à l'écart des marchands d'art, des honneurs et des médailles dont il n'a que faire.

"Il faut à l'extrême sacrifier son existence au message que l'on veut laisser de soi... Car l'art ne peut devenir une habitude banale, une profession fastidieuse. Au reste, n'y a-t-il pas divorce essentiel entre les vrais artistes qui peignent par anticipation et les marchands de tableaux qui jugent par rétrospective afin d'enfoncer tranquillement des portes ouvertes ?"

Notre société, vissée aujourd'hui encore plus qu'hier au pouvoir de l'argent, construit des ponts d'or à quelques stars médiatisées par des experts en Art de la Spéculation.

Mais qu'en est-il des artistes qui comme Clovis Trouille choisissent d'affirmer leur liberté de penser au mépris des pressions de la mode et de l'argent ? Se trouve-t-il encore des mécènes pour soutenir des oeuvres jugées non commerciales au temple des marchands ?

Bien peu en réalité. Il est difficile pour un artiste de trouver le moindre soutien s'il n'est déjà dans la mouvance du marché. Le mécénat dédié aux artistes déjà connus ne prête qu'aux riches et donne encore raison à Clovis Trouille qui s'écriait : "Les chercheurs authentiques sont submergés, évincés par l'odieuse clique des poulains de galerie."

L'association Clovis Trouille propose une autre voie que celle qui condamne certaines formes d'art au bâillon et à l'invisibilité. "Promouvoir la connaissance et la diffusion d'oeuvres d'artistes en filiation avec la pensée et l'œuvre de Clovis Trouille" figure dans l'article 2 de nos statuts. Suivant la voie tracée par Clovis Trouille, militer pour exister est au cœur de notre engagement.
Concrétisant cette volonté, nous préparons un premier événement pour juin 2008 : Une exposition de nos artistes affiliés, suivie d'une vente aux enchères des œuvres exposées. Cette manifestation d'un genre nouveau sera accompagnée par la présentation de tableaux emblématiques de Clovis Trouille.

Quelques grands noms de l'art contemporain, séduits par cette formule inédite soutiennent notre projet : Bernard Marcadé, critique d'art, commissaire de nombreuses expositions et professeur à l'Ecole Nationale Supérieure d'Arts de Cergy Pontoise.
Nous saluons la participation du peintre Guo Jin, artiste chinois de notoriété internationale. Clovis Prévost, notre vice-président, photographe et cinéaste de renom, auteur de l'ouvrage de référence sur Clovis Trouille, ainsi que Jean Claude Silbermann, et Jean-René Hissard nous font le grand plaisir d'exposer.

L'association exprime sa reconnaissance à ces grands noms, qui par leur présence et leur conviction donnent l'impulsion nécessaire au succès de notre entreprise.

Ce qui fait pour moi lien entre les artistes affiliés, c'est en premier lieu cette qualité d'émotion qu'ils ont su me procurer. Ils ne se censurent pas et se donnent parfois la liberté d'offenser. Je crois en eux, parce que, comme le dit Clovis Trouille : "un peintre a le droit de penser.", et que ceux-là, sans nul doute, s'autorisent à le faire.
J'ai pris avec eux un engagement fort, celui de les associer désormais aux manifestations et expositions dédiées à Clovis Trouille. Je le ferai. Cet événement est inaugural.
Notre projet a raison d'être.
Henri Lambert



DESCRIPTIF DE L'EXPOSITION-VENTE :
Ce document de synthèse a pour objet d'identifier :
Les intervenants, le lieu, la date, de définir les actions, le phasage et la planification des différentes actions qui constituent cet évènement.
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Formation : Ecole d’Art et Design de Colombus, Ohio, USA - Plasticienne : papiers, : bijoux, sculptures - Reconnue pour ses créations de papiers uniques à partir de fibres végétales fraîches (fleurs, légumes, bois) ou recomposées, et de minéraux - Nombreuses expositions et salons - En 2008 : Foire de Paris, Maison et objet, Carrousel du Louvre -
La « réincarnation » sous-tend les créations d’ Aleksandra Vandrenhove Broniewska. Paradoxe de ces papiers d’Art qu’elle crée à l’unité, et qui sont le matériau de base de ses sculptures : il s’agit de décomposer quelque chose de vivant ( mais jusqu’où ?) et de le recomposer en une entité nouvelle, de lui redonner vie. Une vie pérenne, puisque pigments et odeurs se conservent. Ce cycle des transformations n’est pas sans évoquer la symbolique de l’embaumement antique en Egypte. Ces techniques mystérieuses et complexes nécessitent un autre rapport au temps - patient - et des outils ancestraux : tamis, presse, , moules…
Les sculptures d’Aleksandra , vêtements improbables, contours visibles et foisonnants d’un espace empli de désir réaffirment pleinement la place de l’art : cela ne sert à rien ! Rien qu’à s’éblouir, à rêver, à aimer…


La photographie de cinéma est un vaste domaine, qui va de la photographie de plateau réalisée par un humble photographe au portrait en studio d’une Marlène Dietrich par un Irving Penn, en passant par les images prises par un Cartier Bresson sur le tournage d’un film de Marilyn Monroe. La galerie OBSIS fait le choix de présenter ces oeuvres « comme des photos, et non comme des documents ». Didier et Anne Grandsart, propriétaires érudits de OBSIS, défendent aussi les photographes contemporains qui travaillent sur le corps féminin et le phantasme comme Gilles Berquet et Mirka Lugosi. Dans leur maison-galerie, règne un malicieux mélange de photos, d’installations coquasses, sans oublier la collection de  mannequins de lingerie, parfois revêtus d’anciennes fanfreluches, qui donnent à l’ensemble une note surréaliste.


Vit et travaille à Sartrouville - Diplômé en architecture de l’école des Beaux-Arts de Paris - Peintre, proche un temps du mouvement MATI - Nombreuses expositions depuis les années 70 en France et à l’étranger (Biennale de Paris 71, Mouvement MADI 91, Crypte de la Madeleine 06…) - Auteur de scénographies : Théâtre Incarnat - Plusieurs commandes publiques au titre du 1% (Noisy-le-Grand, Brest, Villejuif…) - Depuis 1995 : série de sculptures en dehors de tout circuit commercial -
Son travail de scénographe poussera Didier Stephant à développer une réflexion sur l’expression de la matière dans l’espace. Il en arrive naturellement à explorer la place et le sens qu’un corps seul prend dans l’espace. Accumulateur d’objet, bois, cordes, structures métalliques, il est aussi un accumulateur d’idées. Créateur infatigable, il recherche par série, pour trouver le coeur, l’essence de ses intuitions. Amateur de méthodes élémentaires soutenues par une technique virtuose, Stephant cherche dans son expression sculpturale une élévation qui part du sol. Cette inscription verticale, emprunte de spiritualité évite pourtant par sa sensualité, son repliement, tout hiératisme totémique.


Peintre et dessinateur - Directeur artistique de la Maison d’art contemporain Chaillioux de Fresnes - Professeur d’art plastique à Saint-Denis, et maître de conférences à l’Université de Valenciennes -
Investi dans la vie associative, et attentif au rôle social de l’artiste dans la société, Marcel Lubac est un artiste de l’intime qui exprime avec pudeur les petits désarrois de nos existences. Son dessin maîtrise les effets psychologiques du trait de plume pour donner une vie narrative à un art intériorisé, parfois nostalgique, mais jamais grave. Exemple : un charmant postérieur féminin traité de façon académique, est assailli des couleurs vives de roses temporelles. Ces « incorrections » servent le caractère grinçant, et humoristique, de « je reviens de suite ». La gouache expose la fièvre de l’instant passé. Marcel Lubac distille ainsi d’autres regards, toujours tendres, ici sur une banlieue idéale dans l’enjoliveur d’une voiture, là sur un assemblage que Marcel Duchamp aurait certainement apprécié.


Plasticien et écrivain - Formation : Ecole d’Art de Calais - Créations polymorphes : cartes postales séries limitées, collages, peintures, images numériques, estampes, dessin, art postal - Plusieurs publications de textes poétiques.
Jean- Noël Potte balaie le monde d’un regard aiguisé, et décline ses réflexions - ce que lui inspire l’environnement - en usant de tous les médiums d’une façon insolite. Textes poétiques, essais, photos, peintures, collages… Présent et absent, Potte décline le sensible, l’étonnement primordial devant les choses autant que l’objectivité clinique. Il semble être lui-même un sujet d’étude pour l’artiste qu’il est, mais ni plus ni moins par exemple qu’un camion, les journaux de pub dont nous sommes envahis…Cette distanciation à la Pérec constitue le charme d’une oeuvre poétique en chantier perpétuel qui interpelle les modes de communication. La quête de J.N.Potte : connaître autrui, rapprocher les êtres sans doute ?


Ecole de théâtre Charles Dullin à Paris. Musicien. Les oeuvres de Jean-Pierre Nadau sont présentes : à la Collection de l’art brut de Lausanne ; au Museum Dr Guislain (collection De Stadshof) de Gand (B) ; au Charlotte Zander Museum de Bönnigheim (All) ; à la Zetter Collection de Carlsbad (USA) ; à The Ruth and Marvin Sackner Archive of Concrete and Visual Poetry, de Miami, qui possède sa grande toile « Paris Big Bang », devenue la pièce maîtresse de cette célèbre collection. Et en permanence à Gramency 32 Fine Arts et Andrew Edlin Gallery - New-York ; Galerie Hamer - Amsterdam (H) ; Galerie Objet trouvé - Paris ; etc… -
Jean-Piere Nadau a travaillé à divers projets avec Chomo, l’artiste-ermite de la forêt de Fontainebleau, avec lequel il a tourné un film « Le débarquement spirituel » de Chomo, avec Clovis Prévost. Il a ensuite commencé à dessiner. Depuis 1992, installé en Savoie, à Morillon, il se consacre complètement à de très grands dessins sur toile – qui peuvent atteindre 10 à 12 mètres de long x 1,50m. – grouillants de milliers de détails minuscules, formes abstraites, personnages fantastiques, masques, bâtiments invraisemblables, tout cela minutieusement dessiné à l’encre de Chine et à la plume Sergent-major.


Peintre et dessinatrice - Vit et travaille à Paris - Formation : Ecole du Louvre, Beaux arts de Paris - Nombreux salons - 21 expositions dont 7 personnelles depuis 1998.
Marie-Hélène Fabra est une exploratrice. Elle décline les vicissitudes d’une humanité à laquelle il reste la part du rêve dans des séries : « pub agences de voyage », « banlieue », « fictions », « contes – mythes »… Cinéphile , elle puise volontiers dans la Série B pour « l’invention et la liberté formelles que donne un genre dit modeste ».


Formation : Ecole d’art de Cergy-Pontoise puis Ecole des beaux-arts de Paris - Peintre-photographe-plasticienne-installateur - 15 années d’activité dans le monde du spectacle et ses décors -
En partant du simple reflet des choses, dans une activité sérielle et polymorphe, Clotilde Prévost développe une esthétique de l’éphémère et du mouvement qui égare nos sens et nous invite au « lâcher prise »- À perdre notre trop plein de finitude, nous pourrions gagner ainsi auprès de son regard déstabilisé et rêveur, l’essence même de qui fait notre grandeur.
Clotide Prévost réalise des scénographies d’expositions à thèmes et des installations. Ses dernières peintures et photographies se développent autour du thème de l’eau.


Peintre et sculpteur-formation : Ecole des Beaux-arts de Nîmes et Paris - Professeur à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris - Très nombreuses expositions en France et à l’étranger - Jardin de sculptures de sel aux Salins du Midi en 2007 - Exposition peinture et sculptures au Carré Sainte Anne à Montpellier en 2008.

Nathalie Bourgey-Biron a dix ans lorsqu’elle commence à se faire des vêtements, et la peinture est sa respiration depuis l’adolescence. Entre Nathalie et ses robes, c’est du cousu-main, c’est du cousu-cœur. Chacune témoigne d’une vision poétique du vêtement, d’une tension entre ce qui est révélé et ce qui est masqué, entre le fluide et le raide, entre le fragile et le robuste. Traits de caractère presque humains des tissus. Amoureuse des matières les plus précieuses, elle les combine avec audace, mais sans démesure. Ses robes sont portables, elles attendent leur hôte féminine pour bruisser à Venise ou glisser sur un parquet ciré.
Nathalie Bourgey - Biron s’adonne à une peinture essentiellement onirique et surréaliste. Elle travaille sur une toile très fine qui confère une légèreté particulière à la matière. Elle dépeint les conjonctions d’univers opposés. De ces improbables rencontres naît  un mystère qui invite le spectateur à  l’appropriation narrative.


Eugène N’Sondé ne sculpte pas sur le motif : ses personnages sont des images mentales construites au fil d’une expérience du regard et de la matière. Il magnifie spécialement la femme noire, mère ou amante, lourde ou élancée, dont la beauté sous ses doigts devient universelle. En cela, il se situe bien dans la lignée de Clovis Trouille qui affirmait : « …il me semble qu’un artiste qui ne sent pas la femme ne peut être un bon artiste. Mon œuvre est un chant d’amour à la femme. »
Eugène N’Sondé nous amène à découvrir l’expression du corps comme révélatrice de l’âme, avec ses désirs, ses tourments, sa volonté, et comme stigmate de la mémoire d’une vie ou d’un peuple. Servie par une patine aussi savante que secrète, la terre murmure, parle, crie, résiste. L’œuvre est splendide.


Si la résistance au « progrès » produisait partout les mêmes effets : un retour archaïque aux matériaux élémentaires qui à leur tour dictent des formes, entre l'art populaire défunt et le pôle idéal de l'Art Brut, naîtraient les créations spontanées d'autodidactes marginaux. Leurs oeuvres, nées des même contraintes et s'appuyant sur les mêmes matériaux, fonderaient les bases d'une internationale de l'esthétique en résistance à la déshumanisation du monde ! L'oeuvre et l'univers de Pierre Prévost, créateur singulier français vivant aux frontières du département de l'Aveyron et du Lot, en seraient une illustration. Son inspiration et ses créations le rapprochent en effet des meilleures réalisation du Folk Art américain tandis qu'il pourrait également revendiquer sa filiation avec les auto-constructeurs et autres an architectes du Nouveau Monde.


« Mes tableaux partent souvent d'idées visuelles. Un sujet s'impose à moi ou une couleur détermine ce qui va suivre. Le plus difficile est d'amener tout cela vers la peinture. Qu'est-ce que la présence ? De quoi sont fait les fils mystérieux qui relient les choses ? Quand j'ai achevé mon portrait de jeune femme enceinte j'ai compris que c'était une réminiscence de La Madeleine repentante de  De La Tour. Une vanité. Les méandres de la mémoire se mêlent à l'immersion dans le quotidien. ».
Comment ne pas mettre en parallèle cette déclaration de  Thomas Ivernel en 2002 avec celle-ci, de Clovis Trouille, en 1962 : « En mon ultime refuge, la peinture, tout est sensible et non plus intellectuel. Mes sujets picturaux, simples prétextes, souvent mystérieux pour l’esprit, s’adressent plutôt à la rêverie poétique qu’à la logique ou l’intelligence courante. C’est aussi un plaisir rétinien de coloriste. C’est là une chose qui se sent, mais ne s’explique pas par des mots. C’est un choix, parmi les choses de la nature, qui me donne un choc, que je dois alors exprimer. »


Toute œuvre de Michel Iriarte est toujours menacée de retourner, dans un délai plus ou moins bref, à l’état de matière incréée avant de pouvoir reprendre forme et vie dans une composition nouvelle. Chez lui, rien ne se perd tout à fait sinon les fugacités plastiques qui lui sont indifférentes, car tout l’œuvre est un processus de métamorphose discontinu. Ce qui fait œuvre en réalité est moins un objet qu’un acte.
Michel Iriarte ne pense pas que l’art contemporain a pour mission de dissimuler la laideur de l’environnement urbain. Sa mission, si un tel mot peut lui être appliqué, serait au contraire de nous révéler cette laideur, ce misérabilisme, cette apathie sur lesquels l’homme moderne a trop souvent calqué ses valeurs esthétiques et son prétendu « bon goût ».
L’activité créatrice de Michel Iriarte commence par s’exercer hors de l’atelier. Il s’agit de récupérer la matière brute. S’il trie, c’est presque exclusivement pour obéir à un jeu très primaire de sensations tactiles, olfactives et visuelles. Aussi cette matière première est-elle enlevée, pliée ou enroulée sans précautions. L’acte de s’emparer des oripeaux les plus spectaculaires de la mégapole doit être une source d’intimes jouissances.


« Œuvre de toute ma vie », disait Gustave Flaubert  de sa  Tentation de saint- Antoine.
Il tiendra le sujet de son récit lors d’une rencontre fortuite avec le tableau de Bruegel, à Gènes en mai 1845, qui lui aussi fut inspiré par la vie de l’ermite égyptien. Jérôme Bosch,  Dali,  Clovis Trouille, et bien d’autres  artistes ont à voir avec l’invention de monstres fantastiques, le sadisme, la luxure, le désir et l’hallucination dont fut victime Antoine le solitaire.

Fabrice Beghin, capté lui aussi par cette légende, nous invite à un voyage en réminiscence, liant par une sorte de « collage » de nos mémoires,  la Tentation de Flaubert aux images de notre monde, excessif et brutal.  Fabrice Beghin, solide et serein,  utilise pleinement et joyeusement la matière, et impose à la toile une peinture d’images puissantes et intenses, sans se départir de la part du mystère.
Ses études aux écoles des Beaux-arts lui permettent de s’exprimer aussi bien par les différentes techniques picturales que par la gravure sur cuivre. C’est un artiste reconnu : parmi plusieurs acquisitions publiques de ses œuvres  signalons, en 1996, celle du FRAC Ile de France.

Hervé Di Rosa est un artiste éclectique, boulimique. Le loft-atelier qu’il occupe à Barbès lui ressemble: Immense, 480 mètres carrés ; ambivalent, avec sa façade 19éme en verre et fer forgé d’ancienne imprimerie qui introduit dans un univers architectural étonnant,  moderne et fonctionnel. C’est là qu’il nous reçoit pour concrétiser son soutien au projet de l’association. Son succès planétaire n’a rien entamé de ses convictions : il n’est pas prêt à abandonner la création contemporaine aux mains de la finance qui selon lui formate tout. Il se propose de réaliser un hommage à Clovis Trouille, pour encourager notre action militante. Ne disait-il pas sur Télé Libre  « On ne peut pas être libre quand on est produit », et à Philippe Dagen : « Je me méfie de l'hypertrophie de l'ego, si fréquente chez les artistes. Elle trouble le travail » ?
L’inter culturalité est le vecteur essentiel de l’œuvre de Hervé Di Rosa. Il est allé de part le monde confronter les représentations de son habitus culturel à celles d’autres sociétés, ne rejetant aucun médium . Hervé Di Rosa se nourrit de scènes et d’objets populaires, c’est le fil conducteur des représentations qu’il nous propose. Pour autant, il n’a de cesse d’ élargir son propre univers par des confrontations à d’autres supports, à d’autres techniques, à d’autres modes de pensée. L’œuvre qui en résulte, résolument très colorée et illustrative, nous donne une magnifique leçon de vie : les images, visions, valeurs et croyances qui nous fondent restent relatives et ne peuvent se poser en vérités absolues.

Vice-président de l’association Clovis Trouille, Clovis Prévost est l’auteur de la monographie de Clovis Trouille : Parcours à travers l’œuvre de Clovis Trouille. Magnifique ouvrage de référence. Reconnu dans le milieu artistique, Clovis Prévost est depuis des années le partenaire incontournable des manifestations qui présentent des œuvres de Clovis Trouille.
Cinéaste et Photographe hors du commun, Clovis Prévost recueille, chez les marginaux  de l’art brut autant que chez les maîtres reconnus, l’alchimie fragile et complexe qui sous-tend la création.
Le regard que Clovis Prévost pose sur les artistes est à l’opposé d’une objectivation clinique, et d’une certaine condescendance. La proposition respectueuse de ses portraits d’artistes serait plutôt: « Je ne sais rien, donnez-moi à voir ».

Dorothée Selz élabore des sculptures comestibles qui sont des créations visuelles réellement consommables.
Elle a travaillé avec Daniel Spoerri et elle se rattache à l’esprit expérimental du Eat Art, qu’il a créé.
Elle conçoit ses sculptures en fonction du contexte architectural (musées ou galeries) de l’événement à célébrer et du nombre d’invités. Ses offrandes comestibles sont imaginées pour que s’entremêlent : Le visuel, le gustatif et le ludique.
L’ensemble prend vie de manière festive grâce à la participation active du public qui peut «goûter ce qu’il voit».
L’idée est que cet art éphémère reste dans la mémoire.
En parallèle Dorothée Selz fait des peintures en utilisant comme point de départ une imagerie populaire.
L’idée est de redonner vie à des images dites « banales ».
Par le biais d’une peinture très graphique et dynamique elle souligne l’humour, l’insolite ou l’absurde d’une imagerie poétique vouée à l’oubli.

Depuis les années 1970 elle expose régulièrement en France et à l’étranger.

De portraits imaginaires, d’artistes, d’amis, d’étranges « étrangers », l’œuvre de Nathalie Bas est habitée. Ces tableaux, tel le carrousel d’un décor de théâtre, nous présentent les scènes successives d’une tragi-comédie s’offrant à l’œil des passants. Nathalie nous propose un regard sur ce qu’il y a de plus personnel en nous. Elle questionne notre intime. Il ne s’agît jamais de nous extraire, ni de nous soustraire, mais de nous donner à voir qui nous somme , par l’intermédiaire de ses personnages qui nous ressemblent. Ici l’aïeule disparaît, par là l’enfance est retrouvée. Si elle revisite parfois l’œuvre de grands écrivains, c’est moins pour leur rendre hommage que pour questionner l’universalité des thèmes, des mythes qu’ils abordent.

Voyageuse égarée, tricoteuse acharnée, dentellière...
Architecte insolite, Marie-Rose Lortet construit des maisons ténues et légères, des bâtiments en dentelles, des demeures mobiles. Paysagiste, elle imagine et cultive une plantation incontrôlable. Elle tresse, elle tricote, elle tisse, elle dresse, elle trame des espaces extravagants. Elle explore et parcourt une géographie d’incertitudes, voyageuse égarée, navigatrice étonnée.

La pratique de la peinture chez Moo Shou Wong est un raid ritualisé contre le temps hyper court qui régit une nature entièrement hominisée. Il peint à plat au sol, sur le motif, sans reprises ni repentirs, entièrement dans l’instant, qui coïncide avec le temps de la séance de peinture. Une toile sert de palette pendant que l’autre est en train de se faire. La peinture est issue non pas d’un savoir, d’une esthétique, mais d’un vécu, d’une perception intense, d’une lutte avec la matière picturale, d’une course contre la montre, et d’une sorte de terreur sacrée éprouvée devant la nouvelle nature des choses.

« Ma recherche ?  C’est la recherche elle-même !» répond en souriant Léonard Costello. Il en est ainsi depuis que cet artiste se confronte aux possibilités infinies qu’offre le médium informatique. S’il n’a pas complètement délaissé  pinceaux et crayons, puisqu’il retraite au rotring et au crayon de couleur ses dessins informatiques, Léonard Costello reconnaît qu’il lui a fallu recréer tous ses repères. La singularité de son travail pictural est que la création n’a plus le rapport avec le champ visuel, et c’est une chose essentielle pour accéder au sens de son oeuvre. Aujourd’hui, les travaux hyperréalistes qui ont révélé son talent cèdent le pas à la poésie, à l’équilibre interne qui advient de cette « déconstruction ».

Der Wanderer, der Andere...La langue allemande permettrait mieux que la nôtre d’évoquer François Jeannet. : il aime et connaît la nature. Il la reçoit et nous en restitue « l’enchantement ». Il est cet autre, ce promeneur qui arrête le temps. C’est l’authenticité autant que la complexité qu’interroge avec tendresse François Jeannet. Sa peinture au charme puissant réjouit l’œil et le cœur.
La maison de François Jeannet est un assemblage improbable, mais réussi, de matériaux, de volumes, d’espaces qu’à priori tout oppose. Le lieu annonce la peinture. Car sa filiation avec Clovis trouille, si elle est « éclatante », du fait d’une couleur forte aux pigments affirmés est aussi subtilement perceptible dans un travail figuratif dont la composition utilise parfois un effet de sens par le côté collage et juxtaposition.

« J’aime nommer les choses en les touchant » explique Bruno Baloup . Très bon dessinateur, jouant parfaitement de la perspective comme de la qualité des fonds, cet artiste est professeur de fresque à l’école d’art Olivier de Serres. Baloup possède une maîtrise qui l’autorise à se confronter à de très grands formats d’inspiration littéraire, mythologique, philosophique, voire musicale.  Ces toiles immenses ont besoin de toute leur taille : le propos est vaste.
Par ailleurs, Bruno Baloup ne néglige pas l’apport autobiographique, pour des scènes intimistes sur papiers , ou sur des toiles qui recueillent la qualité d’un instant. Il a alors la tendresse de qui s’efface devant le motif. C’est donc à la fois un peintre de l’intime et de l’épique, qui a  l’âme fraîche et une bonne dose d’humour.

J'ai rencontré Guo Jin à Chongqing par un temps caniculaire et dans un paysage aux formes arrondies. Les montagnes, les routes incurvées sur les versants verdoyants, chaque coin de Chongqing se repliaient en de multiples couches autour de nous.

Parler à Guo Jin  révèle mes sentiments éprouvés quant à la ville de Chongqing: il est tout aussi chaleureux, attrayant et très optimiste.

Sur un coin de la table de la cuisine, lieu de partage et cœur de la maison aux meubles de Majorelle, Jean Olivier Hucleux feuillette devant moi ses carnets de voyages intérieurs. Jeanne son épouse a préparé le thé. Je suis tout au bonheur d’être au côté de ce grand artiste, qui nous fait l’amitié de soutenir notre projet. Je pense à Léonard de Vinci, qui recueillait tout  dans ses carnets. Comme lui, Jean Olivier Hucleux sait écrire de droite à gauche. Les écritures et les croquis se développent dans des élancements dont lui-seul sait les sens.  Il rit au détour d’une page, car au verso, il y a l’autre côté du miroir : des figurations, invisibles auparavant pour moi  y apparaissent, comme des évidences. « Qu’est-ce qu’on y peut ? » me dit-il, malicieux. Je jubile avec lui.

« Ah oui, je suis resté vingt ans sans peindre, parce que, j’avais vraiment une passion pour ça ». Singulier itinéraire que celui de Jean Olivier Hucleux : né en 1923, des premiers essais de peinture dans la fin des années 40, puis vingt ans sans pinceaux. Mais, sans nul doute, vingt ans de réflexions qui ont enrichi en silence sa sensibilité. En 1968, retour à l’art, pour ne plus s’en déprendre. Avec la reconnaissance au rendez-vous. Le centre d’art George Pompidou possède 10 de ses œuvres.

Claudine Parra est une amie et membre de la première heure de notre association.
Illustratrice publicitaire, les plus exigeantes maisons de cosmétique font appel à ses compétences dans l’art de représenter leurs maquillages. Elle est aussi sculpteur et, comme Clovis Trouille, elle croit aux vertus du travail académique. Sa passion l’a menée vers une recherche en matière de patine. C’est donc tout naturellement qu’elle s’est intéressée aux créations de mannequins pour la haute couture qu’a réalisé Clovis Trouille dans la prestigieuse maison de Pierre Imans.

La peinture d’Anne van der Linden est-elle SCANDALEUSE ? Certes, Clovis Trouille qui affirmait : « On a toute licence en art, à condition que cela soit peint (…) », aurait observé avec intérêt cet univers qui semble tout droit sorti des imageries médiévales dépeignant l’enfer, et plus spécialement les tortures épouvantables réservées aux coupables de concupiscence, de luxure et d’impudicité.

C’est quoi une image ? Comment c’est fabriqué ? Comment lui donner sens ? Comment construire une forme pour révéler un sens ?
La question de l’image est la perpétuelle interrogation de Jean-René Hissard : Qu’est-ce qu’on voit quand on voit ? Cette quête se trouve condensée dans ses tableaux, et il convient donc d’en faire simultanément deux lectures, l’une érudite, l’autre d’intuition sensible.

Dans les années 60 un collectionneur américain a organisé une rencontre entre Clovis Trouille, Pierre Molinier et Gérard Lattier : les maîtres de l’Art Noir adouberaient le jeune élève. Mais voilà ce qui arriva : de ce voyage dans le pays de l’Anti-tout, Gérard Lattier en sorti gravement malade.
Aujourd’hui, depuis sa garrigue salvatrice, c’est par le biais d’une peinture, qui a de naïveté que l’apparence, que Gérard Lattier artiste populaire sincère et cultivé, nous donne à réfléchir de manière joyeuse et légère sur nos forces instinctives obsessionnelles.

Peinture, Pensée, Poésie  poussent dans le jardin d’Isabel, Pessoa. Elle les cultive dans un village du sud en solitaire farouche. De leurs agencements naît une  dimension supplémentaire qui résiste à l’analyse et habite longtemps: le jamais-vu, l’étrange...un appel au sensible.  Les titres des tableaux scellent ce mystère. 
Isabel Pessoa est capable de retenir dans l’éveil les forces oniriques. Elle laisse monter jusqu’à la surface de sa toile ses pulsions inconscientes. Elle travaille aussi avec la «  mémoire souvenir », qui est représentation de l’expérience vécue.
De cette prison, celle de la condition humaine, Isabel Pessoa s’échappe, grâce à la puissance de son engagement. Pessoa doit dire,  adresser : comme en poésie, il y a un « sur-destinataire » aux tableaux peints, une figure du destin. Elle est perceptible, touche et émeut.
Peindre est pour Isabel Pessoa un moyen de changer sa propre vie de l’intérieur, une nécessité.

J'ai rencontré Monique et André Buguet pour la première fois chez ma mère, il y a bien des années : ils étaient à la recherche de Clovis Trouille depuis des décennies. En 1975 ils touchèrent presque au but, mais par un trouillesque pied de nez celui-ci mourut avant qu'ils n'y parvinssent.
Dans leur palais de l'art brut sarladais Monique soigne les poivriers, et André confectionne du poil à gratter le bourgeois.

Francis MARSHALL. C'est un artiste peintre. C'est aussi un poète. On sait qu'il est également sculpteur.
Francis MARSHALL est charpenté comme un acteur de Western, délicat comme un gentleman et troublant comme un film d'Hitchcock. C'est un créateur illimité, variantant son propos dans une féerie jamais parodiée.
Francis MARSHALL est un artiste incomparable, dont la singularité et l'exigence artistique ont à voir avec Clovis TROUILLE.

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