Galerie des Affiliés > Claudine PARRA
Claudine Parra est une amie et membre de la première heure de notre association.
Illustratrice publicitaire, les plus exigeantes maisons de cosmétique font appel à ses compétences dans l’art de représenter leurs maquillages. Elle est aussi sculpteur et, comme Clovis Trouille, elle croit aux vertus du travail académique. Sa passion l’a menée vers une recherche en matière de patine. C’est donc tout naturellement qu’elle s’est intéressée aux créations de mannequins pour la haute couture qu’a réalisé Clovis Trouille dans la prestigieuse maison de Pierre Imans.

Clovis trouille y œuvra durant quarante années. Ses talents de peintre furent utilisés pour des illustrations, couvertures de catalogues. Il modela aussi des visages, et se consacra au maquillage. Pierre Imans déclarera fièrement, relatant son parcours : « Les modèles, nous avons fait appel, pour les créer, aux maîtres les plus éminents de la sculpture ». Les mannequins fascinaient les surréalistes : ces femmes idéales, qui portent tout le mystère de la séduction féminine et restent inaccessibles illustrent tant l’ambiguïté du désir ! Clovis Trouille ne pouvait qu’exceller dans ces « évocations spéciales de la grâce féminine ».

De cette époque il demeure dans la collection privée quelques magnifiques têtes, véritable chant d’amour à la femme. Ces sculptures en plâtre avaient malheureusement subi les outrages du temps. Claudine Parra, avec une patience incroyable, mit ses talents au service de leur restauration. Les secrets de fabrication de ces matières étant oubliés, il lui fallut opérer un vrai travail de laboratoire, ponctué d’essais infructueux et de tâtonnements, avant de retrouver l’aspect d’origine des surfaces.
D’autre part, l’association lui soumit la commande du moulage d’art de deux de ces têtes. Claudine Parra releva le défi, et il est donc possible aujourd’hui d’acquérir des reproductions artistiques numérotées, véritables œuvres uniques.

De Claudine Parra sculpteur, on pourrait dire qu’elle parvient à saisir « l’éternité de l’instant ». C’est ainsi qu’au hasard de ses déambulations dans les rues et métropolitains, elle s’attache à la physionomie de quidams. Elle les croque mentalement, évitant ainsi le dessin au carnet : le quidam des banlieues n’est pas toujours affable, c’est la son moindre défaut. Rentrée chez elle, encore imprégnée de l’émotion ressentie face à un regard, une posture, elle la restitue dans un modelage en terre, enlevé et rapide.
Ces gens ordinaires sont là, devant nous, chacun dans son humble vérité, et témoignent comme personne de la première et merveilleuse qualité de Claudine : son humanité.
Henri Lambert





   




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