Galerie des Affiliés > Hervé DI ROSA
Hervé Di Rosa est un artiste éclectique,
boulimique. Le loft-atelier qu’il occupe à
Barbès lui ressemble: Immense, 480 mètres
carrés ; ambivalent, avec sa façade
19éme en verre et fer forgé d’ancienne
imprimerie qui introduit dans un univers architectural
étonnant, moderne et fonctionnel. C’est
là qu’il nous reçoit pour
concrétiser son soutien au projet de
l’association. Son succès planétaire
n’a rien entamé de ses convictions : il
n’est pas prêt à abandonner la
création contemporaine aux mains de la finance qui selon lui
formate tout. Il se propose de réaliser un hommage
à Clovis Trouille, pour encourager notre action militante.
Ne disait-il pas sur Télé Libre
« On ne peut pas être libre quand on est produit
», et à Philippe Dagen : « Je me
méfie de l'hypertrophie de l'ego, si fréquente
chez les artistes. Elle trouble le travail » ?
L’inter culturalité est le vecteur essentiel de l’œuvre de Hervé Di Rosa. Il est allé de part le monde confronter les représentations de son habitus culturel à celles d’autres sociétés, ne rejetant aucun médium . Hervé Di Rosa se nourrit de scènes et d’objets populaires, c’est le fil conducteur des représentations qu’il nous propose. Pour autant, il n’a de cesse d’ élargir son propre univers par des confrontations à d’autres supports, à d’autres techniques, à d’autres modes de pensée. L’œuvre qui en résulte, résolument très colorée et illustrative, nous donne une magnifique leçon de vie : les images, visions, valeurs et croyances qui nous fondent restent relatives et ne peuvent se poser en vérités absolues.
« Je veux sans cesse sortir de mon univers, de ce micromonde que tout artiste constitue autour de lui et dans lequel il peut s'enfermer. Au lieu de quoi, il faut être comme un laborantin qui essaie de trouver de nouvelles formules, aller au-delà de soi, faire ce qu'on ne sait pas faire, au risque de se planter. J'aime l'inconnu. » confiait Hervé Di Rosa à Philippe Dagen dans LE MONDE en juillet 2007.
Cet infatigable voyageur sait de quoi il parle, il a enchaîné les migrations : Sète, sa ville natale, lui a donné le goût immodéré de la lumière et de la chaleur. Après des études d’art déco à Paris, il connaît d’abord une période américaine en 1983/84 : occasion de rencontrer à New-York Keith Haring, et de s’enraciner dans l’art de la rue. Il entame un tour du monde à partir de 1993 ; il en est aujourd’hui à la 15éme étape : Bulgarie, Mexique, Ghana, Vietnam, Ethiopie, La Réunion…. Retour à Sète en 2000 pour la grande aventure de la création du « Musée des arts modestes » dont il est le président. Puis il passe 5 ans à Miami de 2002 à 2007.
Partout, il regarde et prend la mesure de ce qu’il voit. C’est un traqueur de représentations nouvelles. Il souhaite enrichir et transformer le moule des images formatées que propose les grandes places de l’art, otages elles-aussi de la finance. Il explore volontiers des supports nouveaux : laque, nacre, peaux tannées, scories volcaniques et débris de corail deviennent par exemple des champs d’exploration picturale qui le poussent à l’inventivité.
Tous les registres de l’image médiatique passionnent Hervé Di Rosa dès l’adolescence: fresques de rue, bande dessinée, science fiction, télévision, publicité...Cette culture pop et pub ne le quittera jamais : il en est le témoin attendri et amusé. D’ailleurs Hervé Di Rosa en entasse et collectionne les icônes dénichées dans les magasins de gadgets et de jouets: robots, figurines et objets divers, qu’il aime pour eux-mêmes.
Pour Hervé Di Rosa, c’est toujours ici et maintenant que se crée la peinture, la sculpture, cette chose vivante en perpétuelle mutation, la résultante d’une recherche de « laborantin qui essaie de trouver de nouvelles formules, aller au-delà de soi »
Ses toiles les plus récentes évoquent les fresques en trompe-l’œil. Larges à plats, couleurs très vives qui mettent l’eau à la bouche, espaces très dessinés d’architecte, voilà pour le fond, et en cela, Di Rosa est assez proche de Clovis Trouille. Ce qui y vit s’inscrit dans le présent que construit l’artiste: quelques rares humains au milieu des formes imaginaires et symboliques qui médiatisent les relations d’un être aux autres et à lui-même : inscriptions publicitaires, moyens de transport, enseignes électriques, divers objets usuels qui paraissent insolites revisités par Di Rosa.
Tout est à la fois très présent et très distancié, car sa vision de la peinture a la particularité de ne pas établir de hiérarchie: ce qui l’intéresse, ce sont les échanges réciproques, aller à la rencontre d’un « autrement » dans ce qu’il a de spécifique.
Hervé Di Rosa est le contraire d’un nostalgique. Sa peinture pourrait donner à un martien en visite une certaine vision décalée de la planète Terre: celle d’un occidental qui regarde, sans le juger, le monde « à la vente » qu’il a crée.
En matière d’art, d’image, Hervé Di Rosa interroge la mondialisation: il ne la rejette pas, mais est-elle condamnée à être l’otage du libéralisme ? Il s’inquiète pour la cohorte des exilés de chaque genre.
Il souhaite voir sortir de l’ombre les expériences trop rares qui font pour lui figures désormais de soubresauts.
Soit ! Que notre soubresaut commun devienne une lame de fond !
Fabienne Pons
L’inter culturalité est le vecteur essentiel de l’œuvre de Hervé Di Rosa. Il est allé de part le monde confronter les représentations de son habitus culturel à celles d’autres sociétés, ne rejetant aucun médium . Hervé Di Rosa se nourrit de scènes et d’objets populaires, c’est le fil conducteur des représentations qu’il nous propose. Pour autant, il n’a de cesse d’ élargir son propre univers par des confrontations à d’autres supports, à d’autres techniques, à d’autres modes de pensée. L’œuvre qui en résulte, résolument très colorée et illustrative, nous donne une magnifique leçon de vie : les images, visions, valeurs et croyances qui nous fondent restent relatives et ne peuvent se poser en vérités absolues.
« Je veux sans cesse sortir de mon univers, de ce micromonde que tout artiste constitue autour de lui et dans lequel il peut s'enfermer. Au lieu de quoi, il faut être comme un laborantin qui essaie de trouver de nouvelles formules, aller au-delà de soi, faire ce qu'on ne sait pas faire, au risque de se planter. J'aime l'inconnu. » confiait Hervé Di Rosa à Philippe Dagen dans LE MONDE en juillet 2007.
Cet infatigable voyageur sait de quoi il parle, il a enchaîné les migrations : Sète, sa ville natale, lui a donné le goût immodéré de la lumière et de la chaleur. Après des études d’art déco à Paris, il connaît d’abord une période américaine en 1983/84 : occasion de rencontrer à New-York Keith Haring, et de s’enraciner dans l’art de la rue. Il entame un tour du monde à partir de 1993 ; il en est aujourd’hui à la 15éme étape : Bulgarie, Mexique, Ghana, Vietnam, Ethiopie, La Réunion…. Retour à Sète en 2000 pour la grande aventure de la création du « Musée des arts modestes » dont il est le président. Puis il passe 5 ans à Miami de 2002 à 2007.
Partout, il regarde et prend la mesure de ce qu’il voit. C’est un traqueur de représentations nouvelles. Il souhaite enrichir et transformer le moule des images formatées que propose les grandes places de l’art, otages elles-aussi de la finance. Il explore volontiers des supports nouveaux : laque, nacre, peaux tannées, scories volcaniques et débris de corail deviennent par exemple des champs d’exploration picturale qui le poussent à l’inventivité.
Tous les registres de l’image médiatique passionnent Hervé Di Rosa dès l’adolescence: fresques de rue, bande dessinée, science fiction, télévision, publicité...Cette culture pop et pub ne le quittera jamais : il en est le témoin attendri et amusé. D’ailleurs Hervé Di Rosa en entasse et collectionne les icônes dénichées dans les magasins de gadgets et de jouets: robots, figurines et objets divers, qu’il aime pour eux-mêmes.
Pour Hervé Di Rosa, c’est toujours ici et maintenant que se crée la peinture, la sculpture, cette chose vivante en perpétuelle mutation, la résultante d’une recherche de « laborantin qui essaie de trouver de nouvelles formules, aller au-delà de soi »
Ses toiles les plus récentes évoquent les fresques en trompe-l’œil. Larges à plats, couleurs très vives qui mettent l’eau à la bouche, espaces très dessinés d’architecte, voilà pour le fond, et en cela, Di Rosa est assez proche de Clovis Trouille. Ce qui y vit s’inscrit dans le présent que construit l’artiste: quelques rares humains au milieu des formes imaginaires et symboliques qui médiatisent les relations d’un être aux autres et à lui-même : inscriptions publicitaires, moyens de transport, enseignes électriques, divers objets usuels qui paraissent insolites revisités par Di Rosa.
Tout est à la fois très présent et très distancié, car sa vision de la peinture a la particularité de ne pas établir de hiérarchie: ce qui l’intéresse, ce sont les échanges réciproques, aller à la rencontre d’un « autrement » dans ce qu’il a de spécifique.
Hervé Di Rosa est le contraire d’un nostalgique. Sa peinture pourrait donner à un martien en visite une certaine vision décalée de la planète Terre: celle d’un occidental qui regarde, sans le juger, le monde « à la vente » qu’il a crée.
En matière d’art, d’image, Hervé Di Rosa interroge la mondialisation: il ne la rejette pas, mais est-elle condamnée à être l’otage du libéralisme ? Il s’inquiète pour la cohorte des exilés de chaque genre.
Il souhaite voir sortir de l’ombre les expériences trop rares qui font pour lui figures désormais de soubresauts.
Soit ! Que notre soubresaut commun devienne une lame de fond !
Fabienne Pons
Hommage à Clovis Trouille.
