Galerie des Affiliés > Isabel PESSOA
Peinture, Pensée, Poésie poussent dans
le jardin d’Isabel, Pessoa. Elle les cultive dans un village
du sud en solitaire farouche. De leurs agencements naît
une dimension supplémentaire qui
résiste à l’analyse et habite
longtemps: le jamais-vu, l’étrange...un appel au
sensible. Les titres des tableaux scellent ce
mystère.
Isabel Pessoa est capable de retenir dans l’éveil les forces oniriques. Elle laisse monter jusqu’à la surface de sa toile ses pulsions inconscientes. Elle travaille aussi avec la « mémoire souvenir », qui est représentation de l’expérience vécue.
De cette prison, celle de la condition humaine, Isabel Pessoa s’échappe, grâce à la puissance de son engagement. Pessoa doit dire, adresser : comme en poésie, il y a un « sur-destinataire » aux tableaux peints, une figure du destin. Elle est perceptible, touche et émeut.
Peindre est pour Isabel Pessoa un moyen de changer sa propre vie de l’intérieur, une nécessité.
C’est au travers d’un tableau-hommage à Clovis Trouille que l’association a découvert le talent d’Isabel Pessoa. Depuis, une correspondance et des liens d’amitié se sont tissés. Isabel est devenue un des piliers du projet d’exposition-vente des artistes affiliés à Auvers en juin 2008: elle met ses talents de conception picturale par informatique au service de la préparation du catalogue et de l’affiche.
Isabel Pessoa a une démarche très personnelle pour aborder une nouvelle œuvre : « Je m’attaque directement à la matière de la toile. L’esquisse ainsi posée est ensuite numérisée. » Puis elle entreprend sur l’ordinateur un travail rigoureux de recherche, qui constitue ses dessins préparatoires. Elle ne commence à peindre que portée par cette vision construite et colorée : « La couleur m'appartient totalement, nous nous retrouvons dans l'esthétique… »
Sa peinture fonctionne en « à plats » ; la lumière et la perspective émanent des riches couleurs de la toile. « Imposition du disque solaire par la main » : titre énigmatique, pour un tableau qui ne l’est pas moins. C’est comme une peinture d’ églises…quand on se fige devant ces grands portraits, tapisseries ou vitraux qui relatent en stations la vie des saints. On a envie de s’asseoir et d’écouter l’épisode, forcément terrible et passionnant : forces opposées, violences, tentations, résistances ! D’où vient la lumière ? Pas de ce soleil mat. D’ailleurs, Isabel Pessoa aime jouer du crépuscule, de cette heure des transformations. Ce qui brille plutôt, c’est cette lune ostensible, présentée comme une force protectrice par la femme nue, assaillie, qui détient dans son ventre une réponse .
Chez Isabel Pessoa, la pulsion accueillie, transformée, produit une trajectoire de la pensée. L’ acte extrait le non-dit, quête l’identité, comme chez J.Bosch. Il y a des portes, des bulles qui figurent ce qu’il y a à découvrir, à franchir, mais aussi les interdits, le caché. On sent des communications télépathiques entre les personnages, des élancements d’un espace à l’autre. De nombreux êtres grotesques tournent en dérision les vicissitudes humaines.
C’est donc une peinture qu’il convient de « déplier », de lire dans ses étages et ses passages. Isabel pessoa l’indique : « Il n'y a aucun jugement, ni loi, ni morale. Je fais juste ce que mon corps ordonne de faire. Cela vaut aussi pour la composition ».
La composition joue un rôle déterminant dans les toiles d’Isabel Pessoa. On perçoit, dans l’équilibre étonnant qu’elle parvient à construire, le lien entre l’externe et l’interne. Les éléments et l’environnement s’unissent aux ressources que sont les sens et le désir. La toile, comme l’être, est à considérer dans sa globalité.
De l’abondance de la toile, de ses multiples monstruosités, émerge un personnage central. Une femme. Revendicatrice. Sainte et Putain. Pessoa elle-même ? Oui, toute elle et plus qu’elle. Car Isabel Pessoa milite. S’adresse souvent, comme l’atteste ce regard en tension vers le spectateur. Il interroge l’altérité, la condition humaine, et spécialement la condition féminine , au travers d’une thématique qui aborde : le travail, la politique, la religion, le sexe .
Pessoa résiste à cette société « sous surveillance » qui est la notre. Elle s’applique à échapper à ce regard de l’autre qui nous dit:”tu es cela!”,qui nous étiquète, qui nous conditionne durant toute notre vie. C ‘est sa façon d’élargir sa conscience, et de faire appel à la notre.
L’œuvre finie, c’est une résolution. Impossible pour nous spectateur d’imaginer un autre agencement à ces foisonnements. Isabel Pessoa est bien la sœur de Clovis Trouille : il nous reste le voyage !
Fabienne Pons.
Isabel Pessoa est capable de retenir dans l’éveil les forces oniriques. Elle laisse monter jusqu’à la surface de sa toile ses pulsions inconscientes. Elle travaille aussi avec la « mémoire souvenir », qui est représentation de l’expérience vécue.
De cette prison, celle de la condition humaine, Isabel Pessoa s’échappe, grâce à la puissance de son engagement. Pessoa doit dire, adresser : comme en poésie, il y a un « sur-destinataire » aux tableaux peints, une figure du destin. Elle est perceptible, touche et émeut.
Peindre est pour Isabel Pessoa un moyen de changer sa propre vie de l’intérieur, une nécessité.
C’est au travers d’un tableau-hommage à Clovis Trouille que l’association a découvert le talent d’Isabel Pessoa. Depuis, une correspondance et des liens d’amitié se sont tissés. Isabel est devenue un des piliers du projet d’exposition-vente des artistes affiliés à Auvers en juin 2008: elle met ses talents de conception picturale par informatique au service de la préparation du catalogue et de l’affiche.
Isabel Pessoa a une démarche très personnelle pour aborder une nouvelle œuvre : « Je m’attaque directement à la matière de la toile. L’esquisse ainsi posée est ensuite numérisée. » Puis elle entreprend sur l’ordinateur un travail rigoureux de recherche, qui constitue ses dessins préparatoires. Elle ne commence à peindre que portée par cette vision construite et colorée : « La couleur m'appartient totalement, nous nous retrouvons dans l'esthétique… »
Sa peinture fonctionne en « à plats » ; la lumière et la perspective émanent des riches couleurs de la toile. « Imposition du disque solaire par la main » : titre énigmatique, pour un tableau qui ne l’est pas moins. C’est comme une peinture d’ églises…quand on se fige devant ces grands portraits, tapisseries ou vitraux qui relatent en stations la vie des saints. On a envie de s’asseoir et d’écouter l’épisode, forcément terrible et passionnant : forces opposées, violences, tentations, résistances ! D’où vient la lumière ? Pas de ce soleil mat. D’ailleurs, Isabel Pessoa aime jouer du crépuscule, de cette heure des transformations. Ce qui brille plutôt, c’est cette lune ostensible, présentée comme une force protectrice par la femme nue, assaillie, qui détient dans son ventre une réponse .
Chez Isabel Pessoa, la pulsion accueillie, transformée, produit une trajectoire de la pensée. L’ acte extrait le non-dit, quête l’identité, comme chez J.Bosch. Il y a des portes, des bulles qui figurent ce qu’il y a à découvrir, à franchir, mais aussi les interdits, le caché. On sent des communications télépathiques entre les personnages, des élancements d’un espace à l’autre. De nombreux êtres grotesques tournent en dérision les vicissitudes humaines.
C’est donc une peinture qu’il convient de « déplier », de lire dans ses étages et ses passages. Isabel pessoa l’indique : « Il n'y a aucun jugement, ni loi, ni morale. Je fais juste ce que mon corps ordonne de faire. Cela vaut aussi pour la composition ».
La composition joue un rôle déterminant dans les toiles d’Isabel Pessoa. On perçoit, dans l’équilibre étonnant qu’elle parvient à construire, le lien entre l’externe et l’interne. Les éléments et l’environnement s’unissent aux ressources que sont les sens et le désir. La toile, comme l’être, est à considérer dans sa globalité.
De l’abondance de la toile, de ses multiples monstruosités, émerge un personnage central. Une femme. Revendicatrice. Sainte et Putain. Pessoa elle-même ? Oui, toute elle et plus qu’elle. Car Isabel Pessoa milite. S’adresse souvent, comme l’atteste ce regard en tension vers le spectateur. Il interroge l’altérité, la condition humaine, et spécialement la condition féminine , au travers d’une thématique qui aborde : le travail, la politique, la religion, le sexe .
Pessoa résiste à cette société « sous surveillance » qui est la notre. Elle s’applique à échapper à ce regard de l’autre qui nous dit:”tu es cela!”,qui nous étiquète, qui nous conditionne durant toute notre vie. C ‘est sa façon d’élargir sa conscience, et de faire appel à la notre.
L’œuvre finie, c’est une résolution. Impossible pour nous spectateur d’imaginer un autre agencement à ces foisonnements. Isabel Pessoa est bien la sœur de Clovis Trouille : il nous reste le voyage !
Fabienne Pons.
"La cotte du Graal", 1998. Acrylique sur toile, 114x100.
"A maman pour la vie"(détail), 2005. Acrylique sur toile, 65x55.
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"Hommage à Henri Lambert", 2007. Tableau virtuel.
"Imposition du disque solaire par la main", 2007. Acrylique sur toile, 100x71.
"Sad-Maz", 2000. Acrylique sur toile, 200x130
