Galerie des Affiliés > Nathalie BAS
De portraits imaginaires, d’artistes, d’amis, d’étranges « étrangers », l’œuvre de Nathalie Bas est habitée. Ces tableaux, tel le carrousel d’un décor de théâtre, nous présentent les scènes successives d’une tragi-comédie s’offrant à l’œil des passants. Nathalie nous propose un regard sur ce qu’il y a de plus personnel en nous. Elle questionne notre intime. Il ne s’agît jamais de nous extraire, ni de nous soustraire, mais de nous donner à voir qui nous somme , par l’intermédiaire de ses personnages qui nous ressemblent. Ici l’aïeule disparaît, par là l’enfance est retrouvée. Si elle revisite parfois l’œuvre de grands écrivains, c’est moins pour leur rendre hommage que pour questionner l’universalité des thèmes, des mythes qu’ils abordent
Les situations sont peintes avec détail, minutie, mais dépouillées, sans fioritures. Pas une brosse ne vient flatter l’heureux élu qui se retrouve croqué par l’huile. Prend-elle de la distance avec la peinture ou de la hauteur face à la cruauté de l’existence ?
Sans pudeur apparente, avec infiniment de retenue, ainsi marche Nathalie Bas.  
Elle nous invite dans un monde traversé de personnages qui évoluent dans un univers pictural où tous les éléments sont référents, signifiant ; les objets du quotidien deviennent sceptres ou talismans. Dans cette étrange procession que suivent les visiteurs d’un village sans frontières, on interroge ses croyances. Le pathétique de la situation ne nous fait pas seulement sourire mais nous émeut ; parce que ce jacquard nous rassure, qu’on entend le froissement de cette jupe à chaque pas, parce que la laisse du chien est rouge, parce que nous savons déjà que ces gens sont nôtres. Même si nous faisons mine de ne pas les reconnaître, eux ne nous lâchent pas du regard. A travers ces actes du quotidien, la vérité nous éclabousse, jusqu’à entendre une chanson de Brel «A mon dernier repas, je veux voir mes frères et mes chiens et mes chats, et le bord de la mer. A mon dernier repas, je veux voir mes voisins, et puis quelques chinois en guise de cousins … ».
Mais Nathalie n’interroge pas que la littérature, elle pose la question de la nécessité de la peinture. On ne peu oublier le premier regard posé sur les Menines de Velasquez, ou les Demoiselles d’Avignon de Picasso. Expérience de douleur, d’introspection ou de joie de se sentir compris, la peinture est un art majeur car elle nous regarde. Nathalie s’inscrit avec force et sans faux semblant dans cette quête de soi périlleuse. Si sa main tremble, son geste est déterminé. Le visiteur est méticuleusement scruté par ces êtres énigmatiques jusqu’à ce posé irrémédiablement la même question, qui regarde qui ?
Carine Delahaie - octobre 2007. Dans « Nathalie Bas Peintures »
galerie Julio Gonzalez Arcueil.

Nathalie Bas nous confie trois toiles qui invitent au voyage interculturel: on se sent slave en regardant « Illusion ». C’est une œuvre étrange où les hommes présents, au travers d’une mascarade, d’une parodie semblent prendre conscience du manque, de la femme absente.
 « Le poids de l’héritage », comme « Mémé » sont d’ambiance Ibérique, ou Sud américaine. Ce qui est commun à ces œuvres, c’est l’incarnation des personnages : ils sont enracinés. 
Le traité des fonds évoque parfois un travail de fresques renaissance : des fonds légers, presque des lavis, forment l’écrin délicat de masses traitées avec préciosité, comme les motifs des costumes. Ce travail graphique architecture les matières. Ce sont les visages qui sont les plus densifiés, sculptés. Ce parti pris confère du hiératisme à la composition même lorsque la thématique se confronte à la dérision, au pathétique .

Fabienne Pons


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