Galerie des Affiliés > Thomas IVERNEL
« Mes tableaux partent souvent d'idées visuelles.
Un sujet s'impose à moi ou une couleur détermine
ce qui va suivre. Le plus difficile est d'amener tout cela vers la
peinture. Qu'est-ce que la présence ? De quoi sont fait les
fils mystérieux qui relient les choses ? Quand j'ai
achevé mon portrait de jeune femme enceinte j'ai compris que
c'était une réminiscence de La Madeleine
repentante de De La Tour. Une vanité. Les
méandres de la mémoire se mêlent
à l'immersion dans le quotidien. ».
Comment ne pas mettre en parallèle cette déclaration de Thomas Ivernel en 2002 avec celle-ci, de Clovis Trouille, en 1962 : « En mon ultime refuge, la peinture, tout est sensible et non plus intellectuel. Mes sujets picturaux, simples prétextes, souvent mystérieux pour l’esprit, s’adressent plutôt à la rêverie poétique qu’à la logique ou l’intelligence courante. C’est aussi un plaisir rétinien de coloriste. C’est là une chose qui se sent, mais ne s’explique pas par des mots. C’est un choix, parmi les choses de la nature, qui me donne un choc, que je dois alors exprimer. »
Thomas Ivernel est donc, comme Clovis Trouille, très sensible à l’interaction entre ce qu’il peint et lui-même. C’est le sujet qui conditionne sa manière de peindre. Sa très solide formation lui permet d’explorer les styles avec une grande liberté. Il ne se censure pas.
Témoin de son temps, Thomas Ivernel peut faire preuve d’une causticité de critique humaniste doutant que la culture et la civilisation apportent forcément le salut. Sa peinture en est le reflet : « Oui, la banlieue me travaille beaucoup. Je ne me vois pas comme un peintre engagé, mais l'actualité me traverse et ma peinture en témoigne sans même le chercher... Faire un portrait pour moi, c'est à la fois fixer un moment et témoigner de ce moment. C'est garder la trace d'une relation entre un modèle et le peintre ».
Il sait aussi s’abandonner à son tempérament rêveur pour restituer avec brio les ambiances nocturnes, ou affirmer une sensualité prégnante lorsqu’il peint l’étreinte.
Il faut s’approcher de ses toiles pour en apprécier les empilements vivants de matières et de tons, et juger des effets de dissimulation partielle dont il use fréquemment. Pour notre plus grand plaisir, Thomas Ivernel sait jouer à cache-cache.
Fabienne Pons, mars 2008.
Brigitte Camus dresse ainsi son portrait en 2007:
« Thomas Ivernel, 37 ans, est peintre, résolument peintre.
Pedigree artistique : Les Arts Décoratifs et l’Ecole des Beaux- Arts de Paris. Signe distinctif : Elève d’Alberola.
Travaille indistinctement tous les sujets avec une prédilection pour les paysages qui sont le portrait d’une certaine banlieue, et des portraits qui sont des paysages de la dissection de l’être humain. Particularité : aime utiliser les animaux à forte charge symbolique…, singes, autruches, pour mettre en scène – et à mal – l’homme.
Trait de caractère principal : aime la lumière par dessus les toits de son atelier à Pantin.
Trait de caractère secondaire : aime montrer et monter le sexe à cru, sans fioritures ni chichis.
Affinités : Courbet, le peintre, mais aussi l’homme « politiquement incorrect ».
Affinités si plus : Hopper dans ses paysages, Lucian Freud dans ses portraits. Mais Thomas Ivernel pratique le mimétisme comme un jeu de piste : second degré avec « Les malheurs de Sophie », ou premier degré en revisitant ses classiques – Rubens –
Objectif : chercher le style et l’homme dans ce puzzle.
Fil conducteur : l’homme dans la nature et la ville avec sa petite musique de nuit, des « Nocturnes » urbaines à couper le souffle, où la nuit majestueuse écrase les lumières de la ville. Et des collages, associations, assemblages entre ses univers. Audacieux et réussis. A condition de prendre le temps de dévider sa pelote.
Ses projets : entame un cycle de thématiques. A venir : « Les banlieues » , exposition à l’espace Julio Gonzalez à Arcueil.
Sa phrase préférée, pour conclure : « Le monde est une vaste banlieue ». L’art de Thomas Ivernel est en banlieue de l’art établi. Surtout lorsqu’on est un artiste vagabond sans domicile théorique fixe.
Son projet ultime : peindre, encore et toujours, jusqu’à plus soif, des formats encore plus grands : il voit grand, il peint très grand.
Notre pari : il va encore grandir. »
Comment ne pas mettre en parallèle cette déclaration de Thomas Ivernel en 2002 avec celle-ci, de Clovis Trouille, en 1962 : « En mon ultime refuge, la peinture, tout est sensible et non plus intellectuel. Mes sujets picturaux, simples prétextes, souvent mystérieux pour l’esprit, s’adressent plutôt à la rêverie poétique qu’à la logique ou l’intelligence courante. C’est aussi un plaisir rétinien de coloriste. C’est là une chose qui se sent, mais ne s’explique pas par des mots. C’est un choix, parmi les choses de la nature, qui me donne un choc, que je dois alors exprimer. »
Thomas Ivernel est donc, comme Clovis Trouille, très sensible à l’interaction entre ce qu’il peint et lui-même. C’est le sujet qui conditionne sa manière de peindre. Sa très solide formation lui permet d’explorer les styles avec une grande liberté. Il ne se censure pas.
Témoin de son temps, Thomas Ivernel peut faire preuve d’une causticité de critique humaniste doutant que la culture et la civilisation apportent forcément le salut. Sa peinture en est le reflet : « Oui, la banlieue me travaille beaucoup. Je ne me vois pas comme un peintre engagé, mais l'actualité me traverse et ma peinture en témoigne sans même le chercher... Faire un portrait pour moi, c'est à la fois fixer un moment et témoigner de ce moment. C'est garder la trace d'une relation entre un modèle et le peintre ».
Il sait aussi s’abandonner à son tempérament rêveur pour restituer avec brio les ambiances nocturnes, ou affirmer une sensualité prégnante lorsqu’il peint l’étreinte.
Il faut s’approcher de ses toiles pour en apprécier les empilements vivants de matières et de tons, et juger des effets de dissimulation partielle dont il use fréquemment. Pour notre plus grand plaisir, Thomas Ivernel sait jouer à cache-cache.
Fabienne Pons, mars 2008.
Brigitte Camus dresse ainsi son portrait en 2007:
« Thomas Ivernel, 37 ans, est peintre, résolument peintre.
Pedigree artistique : Les Arts Décoratifs et l’Ecole des Beaux- Arts de Paris. Signe distinctif : Elève d’Alberola.
Travaille indistinctement tous les sujets avec une prédilection pour les paysages qui sont le portrait d’une certaine banlieue, et des portraits qui sont des paysages de la dissection de l’être humain. Particularité : aime utiliser les animaux à forte charge symbolique…, singes, autruches, pour mettre en scène – et à mal – l’homme.
Trait de caractère principal : aime la lumière par dessus les toits de son atelier à Pantin.
Trait de caractère secondaire : aime montrer et monter le sexe à cru, sans fioritures ni chichis.
Affinités : Courbet, le peintre, mais aussi l’homme « politiquement incorrect ».
Affinités si plus : Hopper dans ses paysages, Lucian Freud dans ses portraits. Mais Thomas Ivernel pratique le mimétisme comme un jeu de piste : second degré avec « Les malheurs de Sophie », ou premier degré en revisitant ses classiques – Rubens –
Objectif : chercher le style et l’homme dans ce puzzle.
Fil conducteur : l’homme dans la nature et la ville avec sa petite musique de nuit, des « Nocturnes » urbaines à couper le souffle, où la nuit majestueuse écrase les lumières de la ville. Et des collages, associations, assemblages entre ses univers. Audacieux et réussis. A condition de prendre le temps de dévider sa pelote.
Ses projets : entame un cycle de thématiques. A venir : « Les banlieues » , exposition à l’espace Julio Gonzalez à Arcueil.
Sa phrase préférée, pour conclure : « Le monde est une vaste banlieue ». L’art de Thomas Ivernel est en banlieue de l’art établi. Surtout lorsqu’on est un artiste vagabond sans domicile théorique fixe.
Son projet ultime : peindre, encore et toujours, jusqu’à plus soif, des formats encore plus grands : il voit grand, il peint très grand.
Notre pari : il va encore grandir. »
